PLAN D’OCCUPATION DES SOLS (P.O.S)

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Contexte du projet

La crise sanitaire de la COVID-19 a fortement impacté les activités du groupe MOUVEMENT(S) et plus largement l’organisation structurelle de l’hôpital psychiatrique public Robert Ballanger avec la fermeture de ses espaces collectifs (centre social, cafétéria, ateliers) et de ses services d’hospitalisation fermés à clés depuis mars 2020. Ne disposant d’aucun espace extérieur clôturé, l’espace habité est donc réduit à celui du couloir et des chambres souvent collectives. La circulation entre le centre social et les services d’hospitalisation est actuellement interrompue. De nouvelles modalités de communication –opérant ainsi un rapprochement avec les usages en milieu carcéral - ont été mises en place pour maintenir les liens : conversations à travers les fenêtres entrouvertes, « parloirs sauvages », appels téléphoniques – pour ceux qui disposent d’un téléphone – envoi de courriers par voie postale pour d’autres. Les membres du groupe se sont - malgré les contraintes et les protocoles – réunis autour des questions suivantes : comment réintroduire l’idée de passage et de circulation dans un espace architectural organisé autour de l’isolement et la contention ? Que peut la danse pour un tel lieu ? Le projet sera l’objet d’une recherche en doctorat de recherche-création menée sous la direction d’Isabelle GINOT (laboratoire MUSIDANSE de l’Université Paris 8) à partir de la rentrée 2021.
Les Plans d’Occupations des Sols

La notion d’occupation renvoie directement à une prise de possession temporaire d’un espace, elle contient en filigrane une volonté de réappropriation et rappelle ce que les activistes américains appellent « reclaim », se réapproprier non pas une position d’autorité mais la capacité de sortir de l’impuissance, de résister à ce qui l’a fabriquée. Faisant écho aux occupations de théâtres et lieux culturels liées au contexte de la crise sanitaire, le choix du mot renvoie aux objectifs fixés par un contexte d’occupation : comment faire entendre la question ? Quels espaces de négociations pour ceux et celles qui subissent l’enfermement ? Le terme est aussi une manière de détourner l’utilisation plus courante en psychiatrie qui consiste à désigner des activités dites « occupationnelles », pensées pour occuper le temps tout en occupant le moins d’espace possible.
Avec chaque structure partenaire, un P.O.S sera proposé par les membres de la plateforme MOUVEMENT(S) aux équipes et aux visiteurs. Le P.O.S est initialement dressé par les services d’urbanismes d’une commune, il arrête les règles et servitudes d’utilisation de son sol, découpant notamment ceux-ci en plusieurs zones distinctes ayant chacune une affectation dominante. Ici, le Plan d’occupation des sols du collectif déterminera pendant un temps donné la manière dont les membres vont occuper les espaces pour partager les savoirs et les pratiques générés par les recherches menées à l’hôpital avec la complicité des artistes associés au projet.